Il y a un an, nous publiions une étude sur la visibilité IA de 20 agences B2B belges. Le verdict était sévère : 14 sur 20 étaient absentes de toutes les réponses IA, même sur des requêtes directement calquées sur leur activité. Même quand leurs prospects cherchaient exactement ce qu'elles proposaient.

L'étude avait suscité des réactions. Certains ne nous croyaient pas. D'autres reconnaissaient le problème mais ne savaient pas par où commencer.

En juin 2026, nous avons relancé les mêmes tests. Protocole identique, types de requêtes identiques, mêmes catégories d'agences. L'objectif n'était pas de produire un nouveau chiffre choc — c'était de comprendre ce qui avait vraiment bougé, et pourquoi.

Ce que nous avons trouvé est plus instructif qu'un simple bilan de progrès.


Le protocole, inchangé par principe

Pour que la comparaison ait un sens, nous n'avons rien modifié dans la méthode. Trois types de requêtes par profil d'agence, testées sur ChatGPT (avec recherche web activée), Perplexity et Gemini. Entre 9 et 12 requêtes par agence. Les tests ont été conduits manuellement, sans outil de suivi automatisé.

Les requêtes suivent trois formats que nous considérons représentatifs du comportement réel d'un prospect :

Générique sectoriel "Quelle agence de marketing B2B en Belgique me recommandes-tu ?"

Problème/solution "J'ai besoin d'améliorer ma génération de leads B2B en Belgique, qui peut m'aider ?"

Comparatif "Quelles sont les meilleures agences de communication B2B francophones ?"

Une précision importante : nous ne cherchons jamais les noms des agences directement. Taper "Agence X" dans ChatGPT et voir une réponse ne prouve rien. Ce qui compte, c'est d'apparaître quand le prospect ne connaît pas encore votre nom — quand il cherche une solution, pas une marque.

C'est là que se gagnent ou se perdent les opportunités commerciales en 2026.


Trois profils, trois leçons

Profil 1 — Celles qui ont progressé (4 sur 20)

Quatre agences absentes en 2025 apparaissent désormais dans au moins un moteur sur trois. Ce n'est pas une domination, mais c'est une présence réelle et répétable.

Aucune n'a lancé un grand chantier technique. Aucune n'a recruté un consultant GEO. Ce qui a changé chez elles tient en trois éléments constants :

Une activité de contenu régulière sur LinkedIn. Pas quotidienne, pas virale. Simplement cohérente. Un ou deux posts par semaine sur des sujets précis liés à leur métier. Les LLMs lisent LinkedIn — ou plutôt, ils lisent ce que les sources tierces reprennent de LinkedIn.

Au moins une publication dans un média sectoriel externe. Un article invité, une interview, une tribune dans une newsletter B2B. Une seule suffit parfois à créer le premier ancrage externe dont les moteurs ont besoin pour "valider" une entité.

Une reformulation du positionnement sur leur site. Moins de jargon aspirationnel, plus de descriptions fonctionnelles. Ce glissement sémantique, apparemment anodin, change ce que les LLMs comprennent de ce que l'agence fait — et donc dans quelles réponses ils l'incluent.

Profil 2 — Celles qui stagnent (14 sur 20... puis 11)

La majorité des agences testées sont dans exactement la même situation qu'en 2025. Certaines ont refait leur site. Certaines ont publié sur les réseaux. Mais rien n'a changé dans les réponses IA.

Pourquoi ? Parce qu'elles ont travaillé sur leur présence, pas sur leur autorité.

Il y a une différence fondamentale entre les deux. La présence, c'est ce que vous publiez sur vos propres canaux. L'autorité, c'est ce que les autres disent de vous — les articles qui vous mentionnent, les forums où votre nom apparaît, les comparatifs qui vous incluent, les podcasts où vous intervenez.

Les LLMs ne vous font pas confiance parce que vous le dites. Ils vous font confiance parce que d'autres sources dignes de foi le confirment.

Ce profil est aussi le plus trompeur pour les dirigeants concernés : leur référencement Google est souvent excellent, leur site est soigné, leurs références clients sont solides. Mais les moteurs IA ne voient pas les classements Google. Ils voient ce que le web dit de vous indépendamment de votre propre discours.

Profil 3 — Celles qui ont reculé (2 sur 20)

C'est le cas de figure dont personne ne parle — et pourtant le plus riche d'enseignements.

Deux agences qui apparaissaient positivement en 2025 ont reculé. Pas disparu complètement, mais leur présence dans les réponses IA s'est dégradée de façon mesurable.

Dans le premier cas, l'agence est désormais citée dans un contexte comparatif défavorable : mentionnée, mais immédiatement suivie par deux alternatives présentées comme mieux adaptées à la demande. Sa visibilité a augmenté, mais son image dans les réponses s'est dégradée. C'est ce que nous appelons le problème du sentiment — être cité n'est pas suffisant si le contexte de la citation ne joue pas en votre faveur.

Dans le second cas, la présence a simplement disparu. L'agence avait réduit son activité éditoriale en 2025. Pas de nouveaux contenus, moins de mentions externes. Les moteurs IA ont progressivement cessé de l'inclure dans leurs réponses.

La visibilité IA n'est pas un acquis. Elle se maintient, ou elle s'érode. C'est peut-être la leçon la plus importante de ce retesting.

Ce phénomène est analysé en détail dans notre article sur le problème du sentiment dans les réponses IA.


Ce que les moteurs font différemment en 2026

Le paysage technique a également évolué, et ces évolutions ont des implications concrètes.

ChatGPT intègre désormais bien plus systématiquement des sources web citées dans ses réponses. Chaque réponse s'appuie sur des liens visibles. Cela a renforcé l'importance d'exister sur des publications tierces — une agence citée dans un article de fond sur un site sectoriel a désormais bien plus de chances d'apparaître qu'une agence dont la présence se limite à son propre site.

Perplexity reste le moteur le plus transparent sur ses sources, avec des liens directs systématiques. C'est aussi celui où la progression des agences actives est la plus nette — parce que chaque mention externe devient directement exploitable. Pour les agences qui veulent des résultats rapides, Perplexity est souvent le premier moteur où des changements deviennent visibles.

Gemini montre une corrélation croissante avec la présence sur YouTube et LinkedIn. Les agences dont les dirigeants publient régulièrement sur ces plateformes tendent à apparaître plus souvent dans les réponses Gemini — même sans optimisation technique particulière. C'est cohérent avec l'intégration croissante de Google dans l'écosystème Meta et YouTube au niveau des données.


Ce qui fait vraiment la différence : les trois leviers constants

En croisant les profils qui ont progressé avec ceux qui stagnent depuis deux ans, trois facteurs reviennent de façon systématique.

1. La précision du positionnement

"Nous accompagnons les entreprises dans leur transformation digitale" ne dit rien à un LLM. "Nous générons des leads B2B qualifiés pour des entreprises industrielles de 50 à 500 personnes via LinkedIn et le content marketing" est une description que les moteurs peuvent ancrer dans une catégorie, une audience, un besoin.

Les agences qui progressent décrivent ce qu'elles font en langage fonctionnel. Pas ce qu'elles aspirent à être, mais ce qu'elles font concrètement, pour qui, avec quels résultats.

2. Les mentions sur des sources indépendantes

Une page LinkedIn bien tenue ne suffit pas. Ce qui construit l'autorité aux yeux des LLMs, c'est d'être mentionné ailleurs que sur ses propres canaux. Un article dans une newsletter sectorielle, une citation dans un comparatif d'outils, une interview dans un podcast B2B — chaque mention externe est une validation que les moteurs peuvent utiliser pour décider de vous inclure ou non.

En 2026, l'objectif n'est plus d'obtenir des backlinks. C'est d'obtenir des mentions authentiques dans des contextes pertinents.

3. La régularité, pas le volume

Les moteurs IA favorisent les entités actives. Une agence qui publie un article de fond par mois sur un sujet précis construit une présence durable. Une agence qui publie 20 articles en deux mois puis s'arrête n'obtient pas le même résultat.

La cohérence temporelle est un signal d'autorité. Elle indique aux LLMs que l'entité existe, produit, contribue — de façon continue, pas par à-coups.


Ce que ça change concrètement pour vous

Si vous n'avez pas testé votre visibilité IA depuis plus de six mois, vos résultats d'aujourd'hui sont probablement différents de ce qu'ils étaient à votre dernier test. Dans un sens ou dans l'autre.

Les agences qui ont progressé n'ont pas lancé de projets complexes. Elles ont clarifié leur message, publié régulièrement, cherché des contextes où être mentionnées par des tiers. C'est accessible — mais ça demande de commencer maintenant, pas dans six mois.

Parce que le paysage dans six mois sera encore différent. Les concurrents qui bougent aujourd'hui seront plus difficiles à déplacer demain. Et comme l'ont montré les deux agences du profil 3, attendre n'est pas une position neutre.

La première étape est de savoir où vous en êtes réellement. Pas en cherchant votre nom dans ChatGPT — mais en testant les requêtes que vos prospects utilisent vraiment, sur les cinq moteurs qui comptent.


Méthodologie : tests manuels conduits en juin 2026 sur ChatGPT GPT-4o avec recherche web activée, Perplexity et Gemini 1.5 Pro. Requêtes testées selon trois formats : générique sectoriel, problème/solution, comparatif. Chaque agence a fait l'objet de 9 à 12 requêtes distinctes. Les agences sont anonymisées. L'étude initiale de mai 2025 est disponible ici.

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