En mars 2025, j'ai passé plusieurs jours à tester la visibilité de 20 agences B2B belges dans ChatGPT, Perplexity et Gemini. Pas pour les classer, pas pour les juger — mais pour répondre à une question simple : quand un prospect belge demande à une IA quelle agence choisir pour son projet, qui ressort ?

Le résultat m'a surpris, même en m'y attendant un peu.

14 agences sur 20 sont totalement absentes des réponses générées sur des requêtes directement liées à leur activité. Des agences parfois bien positionnées sur Google, avec de beaux sites, des références solides et une vraie expertise — invisibles dès qu'un prospect passe par ChatGPT ou Perplexity.

Voici la méthodologie, les résultats complets et — surtout — ce qui distingue les 6 qui s'en sortent.


Méthodologie

Sélection des agences

J'ai sélectionné 20 agences B2B actives en Belgique francophone, couvrant plusieurs spécialités :

  • Agences SEO et marketing digital
  • Consultants en automatisation et IA
  • Studios Webflow et développement no-code
  • Cabinets de conseil en transformation digitale
  • Experts HubSpot, CRM et RevOps

Les agences ont été choisies pour leur visibilité sur Google (elles apparaissent dans les résultats pour leurs mots-clés principaux) et leur activité documentée en ligne. Les noms sont anonymisés dans cet article — l'objectif n'est pas de comparer des marques mais d'identifier des patterns.

Protocole de test

Pour chaque agence, j'ai testé 30 prompts couvrant 6 types de requêtes :

  1. Découverte générique : "Quelles agences [spécialité] recommanderais-tu en Belgique ?"
  2. Best provider : "Quelle est la meilleure agence pour [besoin précis] à Bruxelles ?"
  3. Comparaison directe : "Compare [Agence X] et [Agence Y]"
  4. Alternatives : "Quelles alternatives à [Agence X] pour [besoin] ?"
  5. Par problème : "J'ai besoin d'automatiser mes process commerciaux, qui peut m'aider en Belgique ?"
  6. Local étendu : "agences [spécialité] Bruxelles / Wallonie / Belgique francophone"

Chaque prompt a été testé sur ChatGPT (GPT-4), Perplexity et Gemini, en navigation neutre (fenêtre privée, sans historique de conversation). Les tests critiques ont été répétés à 24h d'intervalle pour tenir compte de la variabilité des réponses.

Grille de scoring

Chaque résultat a été scoré sur 4 dimensions :

  • Présence : l'agence est-elle citée ? (0/1)
  • Position : première citation, deuxième, troisième ou plus ?
  • Exactitude : l'IA décrit-elle correctement l'activité de l'agence ?
  • Sentiment : la recommandation est-elle positive, neutre ou ambiguë ?

Résultats globaux

La réalité est brutale

Sur les 20 agences testées :

  • 6 agences ont une présence mesurable dans au moins un moteur IA
  • 4 agences apparaissent de manière cohérente sur plusieurs types de requêtes
  • 2 agences dominent clairement les réponses dans leur spécialité
  • 14 agences sont totalement absentes — zéro mention sur l'ensemble des prompts testés

Ce n'est pas un problème marginal. 70% des agences testées n'existent tout simplement pas pour les moteurs IA, même sur des requêtes directement liées à leur cœur de métier.

Les résultats par moteur

Les trois moteurs ne se comportent pas de la même façon :

Perplexity est le plus "équitable" : il cite plus d'acteurs différents, s'appuie fortement sur des sources web récentes et donne une chance aux agences qui ont du contenu externe récent. 5 des 6 agences visibles apparaissent sur Perplexity.

Gemini favorise les acteurs avec une forte présence Google Business, des avis récents et une cohérence entre le site web et les profils sociaux. Il est particulièrement performant sur les requêtes locales géolocalisées.

ChatGPT est le plus conservateur : il tend à citer les mêmes acteurs en boucle, souvent les plus référencés sur des sources qu'il a "ingérées" lors de son entraînement. Les agences récentes ou peu présentes dans les médias ont très peu de chances d'y apparaître sans effort spécifique.


Ce qui distingue les 6 agences visibles

En analysant les 6 agences qui ressortent, 5 patterns clairs émergent.

1. Des sources externes solides et diversifiées

C'est le facteur numéro un, de loin. Les agences visibles sont citées sur au moins 4 sources tierces crédibles : annuaires sectoriels (Clutch, GoodFirms, Sortlist, Digital Agency Network), articles de presse ou médias B2B, témoignages sur des plateformes indépendantes, mentions dans des études ou comparatifs.

L'agence la plus visible du panel est référencée sur 8 sources externes identifiées dans les réponses IA. L'agence la moins visible : zéro source externe identifiable dans les réponses.

Les IA ne peuvent recommander que ce qu'elles "connaissent". Et elles connaissent ce que les sources tierces leur disent.

2. Un positionnement clair et répété

Les agences que les IA décrivent correctement ont une chose en commun : leur spécialité est formulée de la même façon partout — sur le site, sur LinkedIn, dans les articles, dans les annuaires. L'IA peut en faire une synthèse cohérente.

Les agences mal décrites (ou non citées) ont souvent un positionnement flou, généraliste ou contradictoire entre les sources. L'IA ne peut pas résoudre cette ambiguïté — elle préfère ne pas mentionner l'agence plutôt que de la décrire de manière incorrecte.

3. Des avis clients visibles et récents

Toutes les agences visibles ont des avis Google récents (moins de 6 mois) et une note supérieure à 4,5. Certaines ont des témoignages détaillés sur leur site web ou LinkedIn, ce qui donne aux IA du contenu pour justifier une recommandation.

Ce point est souvent sous-estimé par les agences B2B qui considèrent que les avis "c'est pour le B2C". En réalité, les moteurs IA les utilisent comme signal de légitimité.

4. Du contenu éducatif indexable

3 des 6 agences visibles publient régulièrement des articles, guides ou analyses. Ce contenu est indexé, cité par d'autres sites, et alimente les sources que les IA utilisent pour leurs réponses.

Ce n'est pas du contenu pour "faire du SEO" au sens classique — c'est du contenu qui crée des traces externes que les IA peuvent mobiliser pour justifier une recommandation.

5. Une cohérence entre toutes les présences digitales

Le dernier facteur : la cohérence. Les agences visibles ont le même nom, la même description, la même spécialité sur leur site, leur profil LinkedIn, leur fiche Google Business, les annuaires et les plateformes tierces. Cette cohérence permet aux IA de construire une représentation fiable de l'agence.

Les agences invisibles ont souvent des incohérences : un nom légèrement différent selon les plateformes, une description qui change, une spécialité absente sur certains profils.


Les erreurs les plus fréquentes

Au-delà des absences pures, j'ai observé plusieurs types d'erreurs dans les réponses IA concernant les agences testées.

Erreur de positionnement : l'IA décrit l'agence comme généraliste alors qu'elle a une niche forte. Cela arrive quand la spécialisation est mentionnée en bas de page ou dans un sous-menu, mais pas dans les éléments principaux que les IA scannent.

Confusion avec un concurrent : dans 2 cas, l'IA a attribué des caractéristiques d'une agence à une autre avec un nom similaire. La différenciation nominale compte plus qu'on ne le pense.

Information obsolète : Perplexity a cité des informations datant de 2022 pour une agence qui avait depuis changé de positionnement. Les IA ne savent pas que votre offre a évolué si vous ne l'avez pas documenté sur des sources récentes.

Absence sur les requêtes locales : certaines agences apparaissent sur des requêtes génériques mais disparaissent dès qu'on ajoute "à Bruxelles" ou "en Belgique". Cela suggère un manque de signaux géographiques (Google Business, mentions locales, adresse clairement indiquée).


Ce que ça signifie concrètement

Si vous êtes une agence B2B belge et que vous n'avez jamais testé votre visibilité IA, il y a de grandes chances que vous fassiez partie des 70%.

Ce n'est pas une catastrophe aujourd'hui — la majorité des décisions d'achat B2B ne passent pas encore exclusivement par les moteurs IA. Mais le comportement évolue rapidement, particulièrement chez les profils digitaux et les jeunes dirigeants.

La fenêtre pour se positionner tôt est ouverte. Les agences qui construisent leur présence IA maintenant auront une avance structurelle dans 18 à 24 mois.

Les actions prioritaires, dans l'ordre d'impact :

  1. Vérifier ses sources externes : êtes-vous référencé sur Clutch, Sortlist, ou les annuaires de votre spécialité ?
  2. Clarifier son positionnement : formuler sa spécialité en une phrase claire et la répéter partout
  3. Activer les avis récents : demander à vos clients actuels de laisser un avis Google détaillé
  4. Créer des pages services dédiées avec FAQ intégrée répondant aux questions que posent les prospects aux IA
  5. Publier au moins 2 cas clients chiffrés sur votre site et LinkedIn

Tester votre propre visibilité

Si vous voulez savoir où vous en êtes, la première étape est simple : ouvrez ChatGPT et Perplexity et posez les questions que vos prospects posent. "Quelle agence [votre spécialité] choisir en Belgique ?" — apparaissez-vous ?

Pour aller plus loin, notre guide DIY donne une méthode structurée avec 50+ prompts et une grille de scoring pour analyser vos résultats correctement.

Si vous préférez une analyse complète avec benchmark concurrentiel, le diagnostic IA couvre exactement ce que j'ai fait dans cette étude — appliqué à votre entreprise spécifiquement, livré sous 48h.


Méthodologie complète disponible sur demande. Les noms des agences testées sont volontairement anonymisés. Les résultats représentent un snapshot de mai 2025 — les réponses IA évoluent dans le temps.